
Pollution du Lac d’Annecy aux particules d’usures des pneumatiques : il est urgent d’agir !
Jeudi 20 novembre 2025, des scientifiques ont présenté les résultats de leur étude portant sur la pollution du Lac d’Annecy aux particules d’usure des pneus et aux additifs servant à leur fabrication, à quelques élus locaux et aux habitants qui ont participé au recueil des données. Ils étaient accompagnés par des journalistes de France Télévision car cette étude s’inscrit dans une enquête portant sur le sujet de cette pollution annoncée comme un nouveau scandale sanitaire. Quelques semaines auparavant, l’association Agir pour l’environnement avait également lancé une alerte à ce sujet car cette pollution est mondiale.
Mais l’étude réalisée à Annecy montre des niveaux de pollution inattendus, comparables voire supérieurs à ceux de grandes villes étrangères, tant pour la pollution aux particules de pneus que pour la pollution aux additifs, dans l’air et dans l’eau. Les résultats des analyses d’urine d’un échantillon d’habitants interpellent également et font craindre pour l’impact sur leur santé.
D’autre part, le lac d’Annecy est notre principale source d’eau potable à la différence des autres lacs ou cours d’eau ayant fait l’objet d’études, d’où l’enjeu encore plus majeur.
Suite à l’annonce de ces résultats, François Astorg, Maire d’Annecy a envoyé des courriers d’alerte à diverses instances, la Préfecture, au Grand Annecy, au SILA, au département. Karine Bui-Xuan Picchedda s’est associée à lui dans cette démarche. De son côté, Fabienne Grébert, en tant que conseillère départementale a également alerté la Préfecture et a proposé un amendement budgétaire en décembre au Conseil Régional Auvergne Rhône-Alpes pour créer un appel à manifestation d’intérêt pour prévenir et traiter les pollutions liées aux usures de pneus : refusé avec le plus grand mépris par la Vice-Présidente à l’économie.
Depuis la conférence de presse organisée hier par France Nature Environnement pour dénoncer ce nouveau scandale sanitaire, les élus réagissent par voie de presse ou via les réseaux sociaux, mais personne ne semble s’attaquer à la racine des choses.
Si des progrès sont à faire du côté de la fabrication des pneus, les avancées passeront par la validation au plan européen de la Norme Euro 7. Les mesures de test pour que la réglementation soit pleinement efficace sont encore en discussion et la France devrait prendre toute la mesure du problème et jouer un lobbying vertueux à Bruxelles.
Après quelques investigations, nous avons appris qu’outre la qualité des pneus, plusieurs facteurs favorisent le dépôt de particules et des additifs sur les routes :
- le poids des véhicules et l’orientation des pneus
- les freinages / accélérations
- le froid et l’humidité.
Nous pouvons ainsi faire l’hypothèse qu’Annecy concentre des particularités géographiques et socio-économiques favorisant ces dépôts. La densité de la population et la circulation routière associée renforcent certainement ce phénomène.
Certes, des études supplémentaires sont nécessaires mais le principe de précaution ne doit-il pas s’appliquer pour préserver la santé humaine et de la biodiversité?
La première mesure préventive devrait consister à réduire le trafic routier, en particulier celui qui est lié aux plus gros véhicules. A deux mois des élections municipales, cette pollution devrait réinterroger la pertinence d’un bus à haut niveau de service sur la rive ouest du Lac. Les bus, aussi modernes soient-ils, ne permettent qu’un faible report modal alors que la solution du tramway, circulant sur des rails, éviterait toute pollution aux particules d’usure de pneus et permettrait un emport de passagers au kilomètre bien supérieur à celui du bus à haut niveau de service, pour un coût par passager transporté équivalent.
Les élus ne peuvent se contenter d’effet de manche sur de tels sujets qui touchent à la santé de tous. La pollution aux particules d’usure de pneus est un vrai scandale sanitaire : 99,97 % de ces particules échappent aux organismes de contrôle. Ces particules exposent pourtant l’ensemble de la population, en particulier les enfants, à des risques accrus de cancers, de troubles neurologiques, ainsi que de maladies respiratoires et cardiovasculaires.
Les élu.e.s OUI ANNECY réclament d’urgence :
- Une information transparente à l’ensemble de la population
- L’évolution de la réglementation pour que les particules d’usure des pneus puissent être prise en compte efficacement dans la norme Euro 7 et détectées dans les usines de production d’eau potable et dans les usines de dépollution des eaux usées.
- Le lancement d’un programme de recherche appliquée pour substituer les molécules toxiques dans la composition des pneumatiques
- La mise en place dans les voies routières à proximité du lac des équipements nécessaires à la filtration de ces particules, afin que les eaux pluviales ne se retrouvent pas en l’état dans le Lac.
- L’arrêt de la publicité des plus gros véhicules de tourisme
- L’organisation d’un référendum local pour que le projet de tramway sur la rive ouest du Lac d’Annecy soit relancé.
Enfin, les élu.e.s de Oui Annecy lancent l’idée de protéger le lac d’Annecy en lui donnant une personnalité juridique comme c’est le cas ailleurs dans le monde pour certains lacs ou cours d’eau.
De nombreux articles sont parus suite à la révélation de cette enquête :