
Pourquoi les élus de Oui Annecy ont voté contre le Contrat Local de Santé
Pour des raisons de santé*, Karine Bui-Xuan Picchedda n’a pas pu être présente au conseil d’agglomération du jeudi 18 décembre 2025 (*Elle souffre d’une maladie chronique environnementale, l’hypersensibilité chimique multiple. De nombreux composés organiques volatiles la rendent malade, dont le chlore. Or la salle du centre des congrès se trouve au-dessus du SPA de l’Impérial Palace et des émanations de chlore se diffusent dans cette salle, ce qui l’empêche de participer aux conseils d’agglomération qui se déroulent dans cette salle. Malgré ses interpellations, ce problème d’air ambiant perdure).
Le maire, François Astorg a lu le message qu’elle a voulu faire passer pour expliquer notre opposition à cette signature.
Elle a voulu souligner le travail effectué par les agents et remercier tous les partenaires pour leur participation. Ce vote “contre” ne remet en compte en aucune mesure cet investissement de leur part.
Le document final est pour elle une déception alors que le CLS était une promesse de campagne en 2020.
Préalablement au contrat local de santé, un diagnostic local de santé a été effectué. Ce diagnostic permet, grâce à une analyse quantitative des données de santé, d’avoir des informations sur le nombre de personnes hospitalisées pour de nombreuses pathologies. Il donne aussi des informations sur le nombre de médecins et de professionnels de santé sur notre territoire. Le volet qualitatif a malheureusement été limité à la parole des professionnels alors qu’il aurait pu interviewer des habitants.
- Ce travail a donc eu le mérite de permettre un premier diagnostic avec des données quantitatives très intéressantes qui méritent d’être connues de la population : globalement les Grands Annéciens sont en meilleure santé physique que les habitants des autres niveaux de comparaison.
- Ce diagnostic révèle aussi des inégalités territoriales, en particulier des chiffres moins bons pour les habitants du Grand Annecy centre, et donc pour les Annéciens. D’autres inégalités apparaissent, notamment en matière de santé mentale, avec des chiffres, à propos des femmes et des filles, qui méritent des recherches complémentaires.
- Ce diagnostic a aussi le mérite d’informer les élus de la répartition des facteurs qui déterminent la santé. Les facteurs socio-économiques représentent 45% et les facteurs environnementaux 25%.
- Il a enfin le mérite d’avoir permis aux acteurs du territoire de se rencontrer, d’échanger, de se connaître, ce qui leur permettra de peut-être travailler davantage ensemble à l’avenir.
Mais elle a interrogé le contenu du Contrat Local de Santé : au fond, qu’est-ce que le CLS apporte de plus à la population que ce qui existe déjà ou que ce qui était déjà prévu par les différents partenaires avant la signature?
Elle a en effet consulté plusieurs autres CLS de France. Habituellement, la collectivité porteuse du CLS met en place des actions qui sont de nouveaux projets pour favoriser la santé de ses habitants et réduire les inégalités, portant surtout ce qu’elle peut mettre en place, selon ses compétences, pour favoriser la santé et réduire les inégalités sociales et territoriales. Or, porté par l’élue chargée de la mutualisation (puisqu’il n’y a pas de service santé ni d’élu en charge de la santé à l’agglomération), le CLS du Grand Annecy est un document qui “mutualise” et valorise ce que chacun fait ou a déjà engagé mais le grand absent c’est le Grand Annecy ! Les actions inscrites sont déjà engagées pour la plupart.
Ce rendu n’est pas étonnant car le Grand Annecy a bien précisé qu’il ne mettra aucun moyen financier pour financer les actions prévues.
De plus, malgré les interpellations de la ville d’Annecy, Frédérique Lardet a décidé qu’Annecy ne serait pas signataire de ce contrat local de santé. Les signataires sont : le Grand Annecy, le Conseil départemental 74, l’ARS, le CHANGE, la PJJ. Son argument : les autres villes ne signeront pas, “Annecy est une ville comme les autres.”
Cet argument de Mme Lardet est un affront pour la ville centre, ses services et aussi pour ses habitants car il nie un investissement différent en matière de santé.
En effet, historiquement, bien avant la fusion des communes, la ville d’Annecy a joué un rôle local dans le domaine de prévention de la santé, puisqu’elle avait un médecin de prévention et des infirmières de prévention. Les moyens humains ont été renforcés depuis 2020 avec un portage politique et la avec la mise en place d’ une « mission santé » en 2021. De plus, elle subventionne de nombreuses associations.
Elle coordonne également le CLSM (Comité Local de Santé Mentale), qui est cité parmi les partenaires institutionnels, mais non signataire.
Par exemple, elle :
- accorde 22000 euros de subventions aux associations qui œuvrent dans ce domaine, certaines de ces associations seront investies dans les actions recensées dans ce contrat.
- met à disposition des locaux pour la maison des adolescents qui bénéficie à toute l’agglomération et même au-delà (valorisation estimée à 75 000 euros) ?
- a un budget de 60 000 euros destiné à des actions de santé publique. Toutes ces actions bénéficient pourtant à des habitants de toute l’agglomération.
Enfin, aucune autre commune ne s’est investie à la même hauteur dans le processus de diagnostic et d’élaboration de ce CLS (participation à toutes les réunions de travail et aux différents copils de Karine Bui-Xuan Picchedda et même à plusieurs reprises de François Astorg avec 2 à 3 agents.)
Pour conclure, ce document relève plus d’un intéressant état des lieux que d’un contrat local de santé. Il s’agit d’un état des lieux des actions déjà engagées ou prévues par de nombreux acteurs et qui seront évaluées via l’agglomération.
Il aurait pu être plus modeste sur le nombre de fiches actions mais plus ambitieux en osant vraiment fixer des axes prioritaires, en rapport plus direct avec ce que l’agglomération peut mettre en place de par ses compétences, par exemple sur la qualité de l’air et de l’eau. Il sera simplement un emblème pour l’agglomération.