
Abstention pour le vote du budget principal : explication de vote, pour alerter les autres élus et les grands annéciens !
Nous n’avons pas l’habitude de nous abstenir de voter le budget et cette abstention est symbolique car nous voulions alerter sur une décision qui est passée inaperçue mais qui est symptomatique des choix budgétaires faits par le Grand Annecy.
En effet, le tarif des EHPAD est voté par le CIAS et ne passe donc pas en conseil d’agglomération. Il nous semblait donc important de dénoncer le choix du CIAS d’augmenter considérablement les tarifs d’hébergement. Cette augmentation est liée à une possibilité récente légale de mettre en place un tarif différencié, soit une augmentation décidée de 13% des tarifs d’hébergement. On parle de tarif différencié, car il y a maintenant 2 tarifs, le tarif “aide sociale”, payé par le conseil départemental et l’autre tarif destiné à ceux qui ne rentrent pas dans ces critères.
Par rapport à 2025, le Grand Annecy réduira de 300 000 euros la subvention de fonctionnement qu’il attribue au CIAS car la consigne est de réduire le montant de cette subvention qui a beaucoup augmenté ces dernières années du fait de l’augmentation, entre autres, du prix de l’énergie. Outre d’autres économies faites cette année, le choix a été fait d’amorcer les tarifs différenciés. Il a pour but de réduire d’ici quelques années fortement cette subvention de fonctionnement.
Nous avons souligné que ces 300 000 euros représentent peu sur le budget global de fonctionnement de l’agglomération (251 M€), et d’ailleurs sur ces 300 000 euros, les recettes qui seront apportées par cette augmentation des tarifs,pèseront encore bien moins car il dépendra du nombre de nouvelles entrées. Cependant, cette augmentation des tarifs risque de peser très lourd sur la vie des familles qui auront des proches qui devront entrer en EHPAD.
Frédérique Lardet rassure sur le fait que les plus pauvres bénéficieront toujours de l’aide sociale. Mais seulement 10 à 20% des résidents bénéficient de l’aide sociale (taux variable selon les établissements). Par conséquent plus de 80 % des familles n’en bénéficient pas ! Il est cependant difficile de connaître leur situation financière mais on peut imaginer que ce ne sont pas pour autant des familles riches ! Les riches vont peu dans les EHPAD publics… Ce sont donc souvent des résidents dont les familles se saignent pour payer les EHPAD de leurs parents et grands-parents car les descendants sont des “obligés alimentaires”. Ces 13% d’augmentation se traduiront par une augmentation d’environ 300 euros de plus par mois. Entre des tarifs mensuels de 2300 à 2500 euros par mois et des tarifs de 2600 à presque 2900 euros mensuels, l’impact social nous semble énorme !
Les Ehpad associatifs qui avaient aussi des tarifs “abordables” ont dû faire de même parce que leurs réserves s’épuisent, ce qui menace leur existence. On peut les comprendre. Mais la solidarité des contribuables ne doit-elle pas se manifester dans le maintien de tarifs abordables pour les EHPAD publics afin d’apporter des solutions à une partie au moins des habitants?
Nous n’avons pas d’éléments pour mesurer l’impact social de cette hausse conséquente mais nous pouvons penser qu’un tel choix poussera des familles de la classe moyenne à vivre dans la pauvreté, à s’endetter ou à devoir choisir entre aider leurs enfants ou leurs parents. Les familles sont en effet considérées comme des obligés alimentaires. Certaines renonceront ou repousseront l’entrée en EHPAD pour des raisons financières.
Par conséquent cette abstention voulait alerter sur le fait qu’il n’y avait pour nous pas urgence à prendre cette décision cette année sans étude d’impact social.